(La Fondation) Delta 7
laboratoire d'innovations sociales

Imaginer, tester et généraliser de nouvelles voies de solidarité

La télé-alarme, Enfants sourds du Vietnam, handicap cinéma,
handicap autoroute, les foyers sourire, les logis Delta Sud,
un service d'interprètes, le téléphone mains libres, le catamaran,
le hameau d'apprentissage, des micro-actions, Tradition Vive
sont des innovations de (la Fondation) Delta 7
comme la vingtaine d'autres actions qui ont suivi …



Bousculer l'imaginaire !

C'est la volonté de (la Fondation) Delta 7 qui, dans les années 70 ou 80, a 25 ans d'avance sur son temps !
Handicap cinéma, handicap autoroute, les logis Delta Sud,le téléphone mains libres * et le catamaran ouvrent une brèche dans l'indifférence gênée à l'égard des personnes handicapées. Ces innovations ont contribué à banaliser le slogan d'aujourd'hui : " Changer le regard des gens sur le handicap ". Même si on oublie encore (trop) souvent de passer à l'acte ! (
* Cette innovation est totalement dépassée par les avancées technologiques).

Texte sur l'acte d'innover
" Il faut tester l'utopie ",
qu'a offert le 1er octobre 1975
le poète Pierre Emmanuel,
membre de l'Académie Française,
président de l'Institut National de l'Audiovisuel :


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La situation  

Après son retrait de SOS Villages d'Enfants, Gilbert Cotteau accomplit quelques missions ponctuelles, de durées variant de un à six mois, en Suisse, au Cameroun, en Bretagne et à Paris dans le double but d'acquérir une expérience professionnelle diversifiée en entreprises et de survivre économiquement. Il continue à observer notre société contemporaine et à repérer les difficiles conditions de vie de personnes démunies, vulnérables ou isolées, qui le choquent, voire le révoltent.

Il a évidemment mille fois analysé le déroulement du développement initial de SOS Villages d'Enfants. Face à la situation inadmissible faite aux enfants frères et sœurs devenant orphelins, une solution " révolutionnaire " a été proposée, alors déjà testée en Autriche, et le projet s'est concrétisé en France contre vents et marées (les vents furent souvent contraires).

Il se dit alors que face à n'importe quelle situation inacceptable, un projet pourrait être imaginé, réalisé, puis médiatisé (le mot n'existait pas encore), et qu'en cas de succès il pourrait être reproduit, voire généralisé, par d'autres " promoteurs " associatifs : l'idée d'un laboratoire d'innovations sociales naît de cette réflexion. Il pense aussi que, dans certains cas, l'intervention des media, soulignant l'acuité d'un besoin et la justesse d'une réalisation pilote, pourrait sensibiliser les parlementaires et les inciter à modifier la législation : SOS Villages d'Enfants a d'ailleurs joué ce rôle plusieurs fois.


La réponse

A quelques jours de son 40ème anniversaire, Gilbert présente son idée de monter ce laboratoire original au directeur général d'une banque et sollicite son appui financier ; à sa grande surprise, son interlocuteur lui propose de diriger une de ses filiales pendant un an ; il accepte et consacre toute l'année 1972 à cette activité rémunératrice qui lui apporte une expérience appréciable.

Début 1973, il déclare à la Préfecture de police de Paris " la Fondation Delta 7 ", une nouvelle association dont la vocation est d'imaginer, tester et promouvoir des expérimentations qui puissent répondre à des problèmes sociaux aigus et faciliter la vie de personnes en difficulté. La Fondation Delta 7 s'affiche clairement comme un laboratoire d'innovations sociales. Il est alors encore légalement autorisé d'appeler " fondation " une association qui se fixe l'objectif de rassembler une dotation. Quand une nouvelle loi l'interdira, la Fondation Delta 7 deviendra simplement Delta 7.

Delta 7 a choisi le symbole du delta d'un fleuve qui irrigue une large surface à la fin de son cours, pour rappeler sa méthode originale, et sept personnes composent le premier conseil d'administration. Il lui fallait aussi une dénomination lisible sans traduction dans toutes les langues.

 

L'action

Pendant sa première décennie d'existence, Delta 7 prend dix initiatives en France :

- la téléalarme
- les foyers sourire
- les logis Delta Sud
- enfants sourds du Vietnam
- un service d'interprètes
- téléphone mains libres
- hameau d'apprentissage
- handicap autoroute
- handicap cinéma
- catamaran
- micro-actions (Multi Delta)

Madame Simone Veil et Gilbert -Poitiers 1976.


Lorsqu'une expérimentation est validée, Delta 7 passe la main à une ou d'autres organisations qui se l'approprient, la reproduisent, la développent et la pérennisent. Par exemple, plus d'une centaine d'associations spécialisées, dont des relais locaux ou régionaux, se spécialisent dans la gestion de la téléalarme.

Des associations Delta 7 sont créées en Belgique, Allemagne Fédérale, Suisse et Luxembourg, dans l'espoir de constituer une Fondation européenne Delta 7 opérationnelle qui fédérerait et soutiendrait les associations nationales Delta 7. Mais l'idée est trop en avance sur son temps, les législations nationales trop hétérogènes, les imaginaires trop peu habités par l'Europe. Des transferts d'expériences sont néanmoins effectués, par exemple la téléalarme est exportée en Allemagne (Rhénanie) sous le nom Deltaphon.

La Revue de la Mutualité Française, dans son édition d'octobre 1978, publie une interview de Gilbert qui déclare :

- Ce qui nous intéresse, c'est d'isoler à chaque fois un problème, de faire l'inventaire de ce qui existe pour le résoudre, de détecter ce qui manque, de réfléchir à une idée concrète et de passer à l'acte.

 

Une bonne idée n'est rien sans sa réalisation.

 


- Une bonne idée peut changer le sort des gens. Delta 7 fait donc la preuve de son efficience et passe la main.

Robert Delpire et son Agence Delpire-Advico conçoivent gracieusement, sous l'impulsion de Michel Bliaut, une brochure qui décortique de manière limpide la démarche et les résultats de la Fondation Delta 7.

Delta 7 fait aussi la courte échelle, en leur apportant un savoir faire ou des moyens, à des associations innovantes comme Inter Aide fondée par Paul Lesaffre, et plus tard à Relais Enfants Parents ou Solidarité et Développement.

En 1980, Delta 7 lance l'association filiale Tradition Vive à laquelle Gilbert se consacre durant quatre ans.


Pour le plaisir de vous l'écrire









- Le 10 novembre 1976, la Comédie Française offre une soirée de gala. D'importants travaux de rénovation du Théâtre Français viennent d'être terminés. Le premier spectacle donné par les Comédiens français dans le cadre rénové de la salle Richelieu est Lorenzaccio, d'Alfred de Musset, dans une mise en scène de Franco Zeffirelli, avec une musique de Maurice Jarre. L'administrateur général Pierre Dux a donné son accord pour que Delta 7 soit à l'honneur, lors de cette soirée de réouverture, organisée par Publi-Richelieu qui édite des journaux immobiliers. Geneviève Casile, Annie Ducaux, Claude Rich, Francis Huster et Louis Seigner figurent parmi la trentaine de comédiens talentueux. Le public est lui-même truffé d'acteurs de cinéma et d'artistes. Gilbert Cotteau est mort de trac lorsqu'il doit monter sur scène, accompagné par Claude Rich, pour exposer brièvement à cette brillante assistance la vocation du laboratoire d'innovations sociales qui développe alors la télé-alarme.



- Brigitte de Montebello, devenue Brigitte Marboeuf
a rejoint Gilbert quelques années après la fondation de Delta 7, apportant bientôt à la direction de l'association son dynamisme, sa joie de vivre et sa rigueur d'analyse.

Paris, 1980.

- Lu dans la presse. Voici quelques articles de la presse écrite, parmi des centaines qui présentent chaque innovation sociale dans la presse nationale, régionale, parfois internationale.

LE REPUBLICAIN LORRAIN (24 octobre 1984) - Le réseau de téléalarme pour les personnes âgées, la mise en place de permanences d'assistants-interprètes dans une vingtaine de bureaux de poste de cinq départements, l'étude et la réalisation de cabines téléphoniques pour les personnes privées de leurs mains, la création de lieux de vie permettant de remettre des personnes handicapées " dans le circuit " : tout cela, c'est Delta 7.

LA CROIX (31 janvier 1985) - Une association de solidarité pas comme les autres, puisque son ambition est plus de lancer des expériences pour les faire reprendre par d'autres associations ou les pouvoirs publics que de " gérer " des actions.

SELECTION DU READER'S DIGEST (février 1983) - Delta 7 : une vision moderne de la charité. Libre de toute attache confessionnelle ou politique, Delta 7 se présente comme un véritable laboratoire de recherche sociale qui tente d'apporter des solutions justes et durables aux problèmes des défavorisés.

LE FIGARO (20 mars 1981) - Delta 7, qui est une association régie par la loi de 1901 et qui fonctionne grâce au mécénat de particuliers et d'entreprises privées, prépare des prototypes nouveaux.

LE MONDE (octobre 1975) - Le but de Delta 7 est de soutenir ou de susciter des initiatives individuelles ou locales répondant à des besoins sociaux reconnus et prioritaires, mais négligés par le pouvoirs publics ou les associations spécialisées dans l'action sociale.

L'EXPRESS (12 mai 1981) - Téléphones publics sans cadrans pour les handicapés privés de bras, alarme téléphonique reliée à un standard pour les personnes âgées isolées chez elles, foyers de réadaptation pour les accidentés de la route, foyers d'accueil pour les enfants en difficulté familiale passagère … autant d'autres idées sorties de ce laboratoire social unique en son genre. Lancées, mises au point, réalisées et enfin confiées à d'autres (municipalités, associations 1901, etc.) par Delta 7 pour être exploitées.

VAR MATIN (31 juillet 1982) - Delta 7 dont la vocation est d'imaginer et de tester en vraie grandeur des solutions originales et utiles à des problèmes sociaux contemporains. Delta 7 a déjà plusieurs réussites à son palmarès : ce laboratoire d'innovations sociales sans but lucratif a notamment lancé le système de téléalarme pour accroître la sécurisation des personnes âgées, organisé l'accueil des travailleurs immigrés dans des bureaux de poste et de sécurité sociale pour faciliter leurs relations administratives, et recensé tous les lieux accessibles aux personnes handicapées sur l'ensemble du réseau autoroutier français.


Evaluation de résultats. La multiplication et la diversité des organismes relais, qui changent généralement la dénomination initiale des réalisations, rendent les chiffres actuels incertains ou approximatifs. La télé-alarme sécurise environ 200 000 personnes âgées ou handicapées (Remarque : si leur nombre avait été plus important lors de la canicule de l'été 2003, celui des victimes aurait probablement été réduit). Le service d'interprétariat gratuit dans des lieux publics a été repris par Inter Services Migrants. Pariscope, l'Officiel des Spectacles, etc. signalent les cinémas et les théâtres parisiens accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Le catamaran Le Delta 7 a permis à 2 000 jeunes sportifs accidentés de se réadapter par la voile (golfe du Morbihan). Les sociétés concessionnaires de services sur les autoroutes ont modifié leurs accès et leurs circulations internes. Etc.

Delta 7 aujourd’hui : rompre la dépendance


Depuis 1995, l’Association focalise son énergie sur des actions luttant contre l’isolement social de personnes atteintes par des maladies neurovégétatives, en particulier la maladie d’Alzheimer. Delta 7 approfondit son aide à des patients et à leurs familles.


Les « Casa Delta 7 », une réponse au désarroi des familles

Delta 7 devient LA référence dans le domaine de l’accueil des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leurs familles. En 2008, plus de 200 malades ont bénéficié de plus de 10 000 journées d’accueil. En 2009, l’ambition est d’atteindre près de 14 000 journées d’accueil. Delta 7 obtient des scores impressionnants de satisfaction des familles des patients (de l’ordre de 94 %).

Un problème de société

Près d’un million de personnes souffrent de cette maladie dégénérative du cerveau, qui provoque des troubles cognitifs entraînant une perte d’autonomie dans tous les actes de la vie quotidienne. 220 000 nouveaux cas apparaissent chaque année. Rien qu’en Ile de France, près de 100 000 malades vivent en majorité à leur domicile ou celui d’un de leurs enfants. Cette charge reste supportable pour la famille quand une communication demeure possible avec la personne âgée ; elle devient très pénible lorsque la désorientation, les troubles de la compréhension et de la parole rendent tout contact difficile, voire illusoire. Devant une telle situation, le souhait légitime de la famille est souvent de refuser un placement en institution. Les proches se trouvent alors confrontés à des situations terribles de stress et de tension émotive ; pour ceux qui aident leur ascendant âgé et dément courront d’ailleurs un risque plus élevé de maladie et dépression.

Soulager les familles

Ce constat dramatique a conduit Delta 7 à rechercher une solution assurant un meilleur maintien à domicile. La réponse a été de créer des centres d’accueil de jour, appelé Casa Delta 7, tant pour assurer la stimulation cognitive des patients et préserver leur autonomie à domicile, que pour soulager l’entourage familial.

Il s’agit d’un type d’établissement, réunissant des professionnels de santé (médecin, neuropsychologue, psychomotricien, ergothérapeute, aides-soignantes), capable de prendre en charge un patient pendant un à trois jours par semaine, afin de stimuler ses capacités sensorielles, intellectuelles et émotionnelles.

Une batterie d’outils d’évaluation mesure notamment le poids du fardeau des familles qui, tout au long de ces premières années d’activité, a régressé en moyenne en moins d’une année du stade modéré à sévère au stade léger à modéré.

Une enquête de satisfaction, effectuée chaque année auprès des familles par un questionnaire postal respectant l’anonymat des réponses, confirme ce résultat : dans 94 % des cas, les familles déclarent que la prise en charge du centre a amélioré l’état de santé de leur parent (41 % beaucoup, 53% un peu). Cette amélioration se manifeste à partir de un à six mois et reste stable dans 89 % des cas. L’accueil de jour permet aux familles de se reposer (41 %), d’avoir d’autres activités (44 %) ou d’être plus disponibles pour leur parent au domicile (29 %). De manière générale, la quasi-totalité des familles trouve que le centre leur apporte une aide appréciable dans la prise en charge de leur parent à domicile (72 % beaucoup, 22 % un peu).

Les premiers centres Casa Delta 7

En 2003, à Paris (18ème), un premier accueil de jour est ouvert dans 360 m² spécialement aménagés. En 2005, un second établissement est implanté à Villejuif, et en 2007 un troisième à Paris (19ème). Ces trois centres opérationnels offrent déjà une capacité d’accueil de 150 malades par semaine. Un quatrième projet, en cours de création à Paris (17ème), devrait ouvrir ses portes avant la fin 2009. Delta 7 étudie déjà la réalisation d’un cinquième lieu à Paris (16ème) qui comprendra une unité hôtelière d’une dizaine de chambres qui hébergera des patients en séjour temporaire ; but principal : offrir un précieux temps de répit et de ressourcement aux familles impliquées dans une aide quotidienne.

 

« Ecrire avec les yeux »

Ce programme privilégie l’aide à la communication de personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique, totalement paralysées et privées d’élocution. Le parc de 15 stations de commande par le regard est mis à jour avec le concours de la Fondation Groupama.

 

« Logis Delta Sud »

Delta 7 continue de soutenir l’association partenaire qui, en 2008, a accompagné 18 personnes handicapées sur le chemin vers leur autonomie (dans une habitation qui sert de sas entre le monde hospitalier et le retour à la maison).

 

Michel Bliaut : « 94 % des familles déclarent que l’état de santé de leur proche est amélioré par la fréquentation d’un centre Casa Delta 7 »

L’association Delta 7 est présidée par Pierre-Henri Leroy.
Michel Bliaut, qui en fut longtemps président, en est vice-président.

 
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www.delta7.fr

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