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Former des bénévoles
à l'écoute
de personnes fragilisées
et constituer des binômes
accompagnant / accompagné
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La situation
- Mille fois nous avons tous entendu la question : " que
puis-je faire pour aider (moralement) quelqu'un autrement que
par l'envoi d'un chèque à une association et indépendamment
des tâches bénévoles matérielles que
je peux accomplir ? "
- Mille fois nous avons tous entendu quelqu'un se plaindre de
son isolement, de son découragement, des difficultés
graves auxquelles il est alors confronté.
- Et mille fois nous avons éludé la réponse
et bafouillé quant à l'attitude à adopter
: la fragilité de l'autre nous met généralement
mal à l'aise, nous avons tendance à consoler, nier,
juger, interroger
alors que notre interlocuteur se trouve
peut-être dans une bulle de souffrance.
- Depuis longtemps déjà, Gilbert se demandait comment
croiser utilement ces deux constats :
* des gens voudraient apporter une aide relationnelle à
quelqu'un
* et d'autres aimeraient bénéficier d'une écoute
et d'une présence
La réponse
Lors d'un voyage au Canada, de passage dans un hôpital
avec Jean-Claude et Raymonde Ricourt, Gilbert pressent une réponse
possible lorsqu'on lui montre un visiteur qui vient régulièrement
écouter un malade qu'il ne connaissait pas avant son hospitalisation.
Il imagine que des volontaires, disposant d'un peu de temps,
pourraient chacun nouer une relation individualisée avec
quelqu'un désireux de parler de sa situation de détresse.
Jean-Claude, familier de la pensée de Carl Rogers, pense
judicieusement qu'une formation à l'écoute empathique
serait un préalable nécessaire à l'établissement
d'une aide relationnelle.
En 1987, Gilbert fonde - avec le concours de Jean-Claude et Raymonde
Ricourt - l'association Astrée qui invente une nouvelle
forme d'entraide sociale fondée sur une écoute bienveillante,
respectueuse, compréhensive.
L'action d'Astrée est double :
aider
des bénévoles à
aider une personne en détresse,
en leur offrant gratuitement une formation à l'écoute
; aider des personnes en difficulté, en constituant des
binômes écoutant-écouté qui perdurent
le temps qu'il faut, sous l'il expert et attentif d'un collaborateur
permanent.
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Djelloul Belbachir,
formateur exigeant
et unanimement reconnu pour la qualité de ses
prestations.
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" L'écoute est un art du coeur qui s'apprend ",
souligne Gilbert. Car savoir écouter n'est pas facile.
Si un volontaire formé par Astrée y parvient, la
personne écoutée se reconstruit petit à petit
parce qu'elle se sait entendue avec bienveillance et compréhension
; le bénévole grandit en écoutant réellement,
sans juger, sans culpabiliser, sans conseiller, sans curiosité
balourde, sans vouloir vivre à la place de l'autre.
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" L'écoute est
un art du coeur qui s'apprend" |
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Il constitue progressivement un Club des partenaires d'Astrée
(dirigeants d'entreprises mécènes) qui finance la
majeure partie des activités de l'association ; les collectivités
publiques assurent le complément des charges de manière
contractuelle.
Astrée a également dispensé des formations
dans 150 associations et institutions.
Pour le plaisir de vous l'écrire
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- Le journaliste Emmanuel de la Taille
a activement contribué à l'élargissement
du Club des partenaires d'Astrée, dans le cadre des
émissions télévisées qu'il animait
avec talent (notamment Le Club de l'Enjeu, sur TF1).
- La présidence d'Astrée
est assumée par Bertrand Collomb, membre de
l'Institut.
Pierre Delaporte et Brigitte Marboeuf
furent ses prédécesseurs.
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- Bertrand Collomb,
Président de Lafarge, Président d'Astrée.
Extrait d'une interview de Michèle Pougny, mai
2006. " La force d'Astrée, c'est d'abord
un concept extrêmement riche et porteur dans une
société où la perte du lien, la
perte de la relation, la perte du sens, sont les principaux
risques que nous courons. C'est surtout la possibilité,
grâce à son équipe et à ses
bénévoles, de donner vie à ce concept.
C'est enfin d'avoir un club de chefs d'entreprises partenaires,
engagés depuis longtemps, qui soutiennent Astrée
financièrement. C'est cette logique d'inspiration
privée, proche des entreprises, qui donne à
Astrée sa souplesse et son efficacité
". |
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Un Institut Astrée (sarl)
a été créé en 2000, sur
la suggestion de Pierre Delaporte,
président d'honneur d'Electricité de France.
Dans ce cadre juridique, le savoir faire de l'association
Astrée a été adapté aux besoins
spécifiques des entreprises. Parmi les clients :
EDF, BNP Paribas, Accor, Coca-Cola. L'Institut Astrée
est dirigé par Denis Leandri.
- Pierre
Delaporte, président d'honneur d'Electricité
de France (qui fut l'un des plus grands présidents
de cette entreprise) préside Astrée de
1998 à 2001. Il souligne alors : " Astrée
est une réponse concrète à la fracture
sociale, aux problèmes de notre époque.
Toute sa force est d'avoir un moyen de réponse,
un " comment ". |
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- Le Club des chefs d'entreprise
partenaires d'Astrée rassemble la fine fleur
des dirigeants français.
Voici ce que quelques-uns d'entre eux
disent en 2002 de la démarche d'Astrée :
- Corinne Mentzelopoulos, gérante
de Château Margaux : " La rigueur de la
formation et le professionnalisme des accompagnants sont
remarquables. En témoignage de la persévérance
et de l'efficacité de cette démarche, discrète
mais si concrète, nous nous devons, comme entreprise
privée, d'être toujours plus partenaire et
solidaire d'Astrée ".
- Bruno Bich, président
de la société Bic : " L'action
d'Astrée réponde à un besoin réel
et urgent. La développer est une question d'engagement
personnel des dirigeants ".
- Martin Bouygues, président
du groupe Bouygues : " Parce que je considère
qu'aucune grande société, sensible aux problèmes
du monde moderne, ne peut être indifférente
à la générosité et à
l'utilité de la démarche d'Astrée,
je ne puis qu'encourager son action et souhaiter que de
nombreux Partenaires concourent à pérenniser
cette entreprise ".
- Jean Burelle, alors Président
de Plastic Omnium (aujourd'hui président de
Burelle SA) : " Pour aider efficacement les gens, il
faut avoir la modestie de les écouter. Je trouve
valorisante l'idée de recommander Astrée à
d'autres chefs d'entreprises, car l'écoute est aussi
un instrument de management ".
- Philippe Francès, président
de Kingfisher Electrical et de Darty : " Le
meilleur moyen de lutter contre l'exclusion est naturellement
de l'empêcher. C'est ce que fait Astrée, en
intervenant cas par cas ".
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Louis Defline,
président de Gefco,
vient de succéder début 2006 à
Jean Burelle à la présidence du comité
de développement d'Astrée (fondé
et initialement présidé par Bruno Bich)
: " Astrée est à ma connaissance
la seule association portée par des chefs d'entreprises.
Ces derniers sont convaincus, par leur expérience,
de leur rôle social. S'ils l'exercent plutôt
bien dans les organisations humaines dont ils ont la
charge, ils constatent aussi que la fragilité
et l'isolement concernent plus de personnes qu'on ne
le pense généralement ". |
- Michèle Pougny, accompagnante durant des années,
renchérit : " Je croyais savoir écouter.
Astrée m'a appris à entendre ".
- Brigitte
Marboeuf insiste
en mai 2006 sur l'adaptation permanente aux nécessités
d'aujourd'hui dans une dynamique respectueuse de l'essence
même de l'association :
" en permanence en mouvement, toujours à
l'écoute ". |
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En septembre 2007,
l'écrivain Catherine Enjolet pose 3 questions à
Gilbert :
- " Quel avenir pour l'écoute
? "
Un bel avenir pour l'appliquer ! Passés dans le
langage courant, les mots " écoute, accompagnement,
aide relationnelle " ne changent guère le comportement
des gens. La " relation " est au centre de tout,
aussi indispensable que respirer et se nourrir. Pourtant,
faisons-nous attention à l'autre que l'on voit chaque
jour ?
Lui offrons-nous du respect, de la considération,
de la bienveillance ?
- " Et pour Astrée ? "
Désengagé de toute responsabilité
depuis début 2007,
je constate comme tout le monde que les temps changent vite,
que le délitement social est croissant,
qu'Astrée doit se renouveler pour s'y adapter
et retrouver sa capacité d'innovation. D'autant plus
qu'elle a la chance d'être soutenue par un Club de
partenaires exceptionnels.
- " Et pour tous les ré-inventeurs
de lien social ? "
Les changements sociaux sont rapides, inattendus, déstabilisants.
Je suis frappé par la créativité de
jeunes qui font déjà bouger les associations
préoccupées par la qualité du lien
social. Conscients que la relation est au centre de tout,
certains inventent déjà des réponses
innovantes, particulièrement sur le plan local.
L'avenir est donc chargé. Tout le monde a du pain
sur la planche !
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