Handicap autoroute


Rendre les lieux publics autoroutiers
visiblement accessibles aux personnes handicapées

 

La situation

- En 1981, l'équipe de Delta 7 reçoit la visite d'un tétraplégique (membre de l'association Vivre Debout) qui lui pose le problème de l'accès aux lieux publics qui jalonnent les autoroutes françaises : toilettes, restaurants, stations service, etc.

- La plupart du temps, ce jeune homme - qui parvient sans problème majeur à plier son fauteuil roulant, à le glisser (avec une aide de passage) dans sa voiture, et à conduire son véhicule automobile spécialement équipé - ne peut pas y pénétrer.

La réponse

- Le jeune tétraplégique propose à Delta 7 de prendre l'initiative d'en faire l'inventaire complet et d'en négocier les aménagements. Il précise qu'aucune personne valide, envoyée en mission sur les autoroutes, ne se rendra compte de toutes les embûches qui se dressent devant une personne en fauteuil roulant.

 

L'action

- Delta 7 offre au jeune homme de recruter des amis handicapés qui parcourront chacune un trajet déterminé. Ils dresseront un état des lieux minutieux : nature des endroits, localisation exacte, difficultés pratiques d'accès, aménagements éventuels, etc., permettant l'établissement d'un rapport exhaustif détaillé. Delta 7 se charge des démarches officielles et prend en charge les vacations et les frais.

- Le Monde du 19 juin 1981 consacre un article rendant compte de l'action de Delta 7 :

" Parmi les nombreuses difficultés qu'ont à surmonter les personnes handicapées, celle de l'accessibilité aux lieux publics est l'une des plus importantes. C'est pourquoi, à la veille des départs en vacances, le laboratoire d'innovation sociale Delta 7 et la direction nationale des routes ont demandé au Bureau d'études techniques pour l'accessibilité et le handicap et à l'association Vivre Debout de dresser une liste détaillée des lieux qui leur sont accessibles sur l'ensemble du réseau autoroutier français ".

Le Monde poursuit : " Cinq personnes handicapées (dont quatre en fauteuil roulant électrique, c'est-à-dire privées d'un usage normal des mains et des jambes) et leurs accompagnateurs ont sillonné les 11 000 Kms d'autoroutes et ont systématiquement visité et testé les lieux ouverts au public (stations-service, cafétérias, restaurants, sanitaires, aires de repos …). Les critères d'accessibilité retenus pour mener à bien cette enquête étaient ceux conformes aux normes internationales actuellement en vigueur ".

Le Monde énumère :

- 90,38 % des équipements sont totalement inutilisables, partiellement ou pas du tout accessibles aux handicapés.
Pourtant il suffirait dans de nombreux cas de peu de travaux pour obtenir une conformité.

- Dans le cas de constructions récentes (tronçon Bordeaux-Poitiers, par exemple), il y a encore de sérieuses carences.

- la pré-signalisation est soit inexistante, soit apposée à mauvais escient.

- il serait souhaitable que les guides et les cartes mettent à jour leurs informations.

- en cas d'accessibilité, Delta 7 préconise la pose de panneaux de signalisation, 20 Kms avant l'équipement considéré, comme pour les pompes à essence.

L'article du Monde paraît peu de temps après la conclusion de l'enquête. Il facilite la prise de contact de Delta 7 avec chaque entreprise concessionnaire d'un service sur autoroutes. L'accueil est plutôt positif, se traduisant par des calendriers (sur une à plusieurs années) de travaux à engager.

 

Delta 7 informe évidemment les media nationaux et régionaux. Elle prend également contact avec le cabinet du ministre des Transports Charles Fiterman, qui reprend l'idée à son compte lors d'une conférence de presse.

Delta 7 publie en 1981 un premier guide des autoroutes : " Personnes handicapées, prenez vos précautions avant de partir ".


Pour le plaisir de vous l'écrire


Quelques acteurs de cette époque pionnière pensent avec satisfaction, lorsqu'apparaît sur une autoroute ou en ville le panneau de signalisation internationale d'accessibilité aux personnes handicapées, que les innovations de Delta 7 ont contribué à modifier les mentalités et à changer les équipements (même si des logements aux portes trop étroites sont encore conçus, en contravention avec les normes légales).



   

 

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