Publications
2000 Astrée, la restauration du
lien social, éditions Le Temps qu'il fait.
(disponible auprès de l'association Astrée)
1991 Amadou Hampâté Bâ,
mémoire vivante de l'Afrique, coécrit avec
Hélène Heckmann, in Islam, civilisation et sociétés,
ouvrage dirigé par Paul Balta, éditions du Rocher
1981
Article L'enfance délaissée,
structures d'accueil, Dictionnaire Encyclopedia Universalis
Pour le plaisir de vous l'écrire
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Gilbert a envie de partager avec vous
un extrait du portrait
d'Amadou Hampâté Bâ
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Amadou Hampâté
Bâ
Un jour de l'année 1962, à l'Unesco, alors que l'on
discute du sauvetage des temples de Nubie menacés par le
barrage d'Assouan, un Africain, vêtu du traditionnel boubou
brodé du Mali, prend la parole. C'est Amadou Hampâté
Bâ, membre de la délégation du Mali. Après
s'être félicité que l'Unesco s'emploie à
sauver de la destruction des monuments de pierre d'une valeur
culturelle inestimable, il explique qu'il existe en Afrique des
monuments tout aussi précieux mais, hélas, infiniment
plus fragiles : les vieux sages dépositaires des connaissances
traditionnelles transmises de génération en génération
par voie orale, dernières grandes "
mémoires vivantes de l'Afrique ", dont il importe
de recueillir et de fixer par écrit l'héritage oral
avant qu' il ne soit trop tard, car en disparaissant ils emporteront
pour toujours avec eux, faute de successeurs, un trésor
culturel irremplaçable.
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C'est alors qu'Amadou Hampâté Bâ prononce
cette phrase, devenue depuis si célèbre qu'on
la cite parfois comme " proverbe " : "
En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque
qui brûle ".
Lui-même héritier
d'un important patrimoine culturel et religieux, historien,
philosophe, écrivain, mais aussi poète et
conteur de talent, Amadou Hampâté Bâ
est bien placé pour plaider cette cause.
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| Il a, sa vie durant, recueilli
et mis par écrit les traditions orales se rapportant
à tous les aspects de la vie et de la culture africaine
en zone subsaharienne : mythes, croyances, coutumes, organisation
sociale, histoire, littérature orale, sans parler de
l'enseignement traditionnel islamique, accumulant ainsi une
documentation unique en son genre qui a donné lieu
à de nombreuses publications et dont la majeure partie
reste encore à exploiter. Pourtant, cette homme de
renommée mondiale, dont les travaux ont déjà
donné lieu à de nombreuses soutenances de thèses
en France ou ailleurs, ne doit rien lui-même à
la filière universitaire. "
Je suis, aimait-il répéter, un diplômé
de la grande université de la Parole, enseignée
à l'ombre des baobabs ". |
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Son parcours, peu banal, l'amènera à une audience
internationale. Il descend par son père Hampâté
d'une grande famille aristocratique peule ; il entend de
la bouche de sa mère Kadidja, fille d'un grand maître
en initiation peule qui a tout quitté pour devenir
le compagnon d'El Hadj Omar, les récits retraçant
la prodigieuse épopée du grand conquérant
religieux toucouleur, et il découvre les richesses
spirituelles, morales et poétiques de l'antique tradition
peule. Peut-être faut-il voir, dans cette confluence
de plusieurs courants historiques et traditionnels dont
il est l'héritier, l'origine de sa future vocation
d'historien et de chercheur.
Après avoir subi d'humiliantes
difficultés imposées par les autorités
coloniales, qui lui auront appris les dédales et
les rouages de l'administration, le professeur Théodore
Monod, fondateur et directeur de l'Institut français
d'Afrique noire (IFAN) à Dakar, le rend intouchable
en le faisant affecter en 1942 à ses services. C'est
le début d'une longue amitié entre les deux
hommes.
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Délégué
par le Mali à l'Unesco en 1960, il est élu
deux ans plus tard au Conseil exécutif de cette
institution. Pendant ses huit années de mandat,
il fut l'un des rares, dans cette très sérieuse
assemblée, notamment lorsqu'il fut directeur
général adjoint de l'Unesco, à
pouvoir faire éclater de rire toute l'assistance,
sachant dénouer au bon moment, par un conte ou
une historiette adroitement choisis, les situations
politiques les plus tendues. A l'un des délégués
occidentaux qui lui demandait un jour :
" Mais que pouvez-vous nous apporter, vous autres
Africains ? ", il répondit en souriant :
" Le rire, que vous avez perdu ! ". |
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Dès qu'il s'agissait de favoriser une meilleure entente
entre les hommes, cet " homme du verbe " passa souvent
de la parole aux actes. En 1961, à Jérusalem,
il organise sur le mont Sion, à la lueur d'un candélabre
car il y avait couvre-feu militaire, une prière en
commun pour la paix et l'entente entre les hommes, lui un
musulman, avec un prêtre chrétien et un rabbin
israélite. Interlocuteur privilégié du
dialogue islamo-chrétien et interreligieux en général,
son action lui valut de recevoir à Houston (USA), en
1981, le Prix de l'cuménisme décerné
par la célèbre Fondation De Ménil. Pendant
des années, il écrit et publie sans relâche.
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" Fais beaucoup
de bien, puis va le jeter au fleuve. Si les poissons l'ignorent,
Dieu le saura ".
N'était-ce pas la meilleure incitation à
agir pour le mieux-être des plus vulnérables,
sans en attendre aucun bénéfice personnel
?
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Ce texte comprend de larges extraits du portrait
" Amadou Hampâté Bâ,
mémoire vivante de l'Afrique ",
de Gilbert Cotteau et Hélène Heckmann
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