Esquisse
de portrait
par Catherine
Enjolet, écrivain
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Toute
sa vie, Gilbert Cotteau observe pour agir. Ou plutôt
pour réagir aux souffrances qu'il voit et qu'il juge
insupportables. Des rencontres vives ou livresques,
orientent ou éclairent au fil des décennies
les étapes de son action concrète et de son
questionnement quant au sens à lui donner. Action
et méditation sont en effet indissociables chez ce
réalisateur engagé dans une succession d'innovations
à finalité sociale durant plus d'un demi-siècle.
Toujours à l'affût de ce qui se passe autour
de lui, toujours scandalisé par les iniquités,
toujours blessé par les épreuves infligées
(notamment aux enfants) par l'insanité humaine,
il veut au moins les alléger par l'ouverture de
voies inédites. C'est le sens de son parcours :
proposer des pistes, les expérimenter, puis les
faire connaître : sa façon de dénoncer
l'inacceptable, en incarnant son antidote dans des engagements
de personnes. Imaginatif, il conçoit ; ou, attentif,
il glane dans l'air du temps des idées qu'il façonne
en réponses pragmatiques adaptées aux problématiques
du moment.
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Il insiste sur son rôle de catalyseur qui impulse
en s'appuyant toujours sur d'autres, beaucoup d'autres.
Il fait appel à des talents singuliers : ceux du
technicien qui modélise la téléalarme,
de l'ingénieur qui élabore des procédés
d'habitat bio-climatique, des publicitaires qui aident
à formuler ses constats, des chefs de projets qui
testent et parachèvent, des gestionnaires qui organisent
et comptent, des mécènes qui font confiance,
et d'autres encore qui concourent avec passion à
la concrétisation d'idées créatrices
de mieux-être.
Il estime ainsi que sa mission est d'être "
celui qui contribue à créer des passerelles
entre ceux qui souffrent et ceux qui soulagent, ceux qui
ont une idée et ceux qui la concrétisent,
ceux qui bâtissent des cathédrales et ceux
qui leur apportent des pierres ". Un constructeur
de passerelles qui a énormément travaillé,
beaucoup voyagé, constamment plaidé, et
abondamment convaincu.
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